Les mystères du naufrage du Wildcat…

Lorsque les plongeurs démineurs découvrent l’épave en 1965, des cocardes britanniques sont encore visibles sur le fuselage et un fragment portant l’inscription « Royal Navy » confirme les origines de l’appareil. L’avion est encore armé de ses mitrailleuses dans chaque aile mais aucun indice ne permet de l’identifier formellement ce qui va laisser libre cours aux hypothèses les plus abracadabrantes. La position de l’épave qui repose à l’envers sur le sable et celle du moteur arraché, hélice tordue, sous la queue de l’appareil vont susciter des interrogations qui ne trouveront une réponse qu’après plusieurs décennies de mystère…

Conditions de plongée

Profondeur

54 mètres

Fond

Sable coquillier

Visibilité

Bonne à excellente

Courant

Inexistant à faible

Distance du Port de Bormes

2,2 milles nautiques (4 km)

Temps de trajet

10 à 15 minutes

Longueur

8,76 mètres

Envergure

11,58 mètres

Caractéristiques de l'épave

Avion de chasse monoplace monomoteur type Grumman F4F

  • MOTEUR : Pratt & Whitney de 1200 cv
  • ENVERGURE : 11,58 m
  • LONGUEUR : 8,76 m
  • VITESSE MAX : 530 km/h à 6 500 m
  • PLAFOND : 11 430 m
  • AUTONOMIE : 1 360 km
  • 1er VOL : 12 février 1939
  • NATIONALITE : Britannique
  • DATE DU NAUFRAGE : 15 Août 1944
  • CAUSE DU NAUFRAGE : Abattu par batterie anti-aérienne allemande


L'histoire

Après 70 années de suppositions diverses, Philippe Milioto parvient à faire la lumière sur ce naufrage.

En 2014, Philippe Milioto, passionné d’histoire, permet grâce à ses recherches dans les archives américaines d’établir la chronologie des faits. Toute la lumière est alors faire sur le naufrage.

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le wildcat

Intérêt faune et flore

Grâce au sable coquillier clair et à l’eau généralement limpide, la luminosité importante malgré la profondeur permet la réalisation de beaux clichés d’ambiance.

Quelques chapons de belle taille ont l’habitude de se poser autour de l’épave et murènes et congres peuvent être observés à travers les trappes de visite du fuselage ou les trous dans les ailes.

Un homard imposant a élu domicile sous l’aile gauche, plus ensablée. Au fil des ans, il a creusé une cachette profonde, En prenant les précautions d’usage pour ne pas soulever un nuage de sable, ce beau spécimen est aisément visible depuis l’arrière de l’aile.

Les détails du naufrage

Découvrez l'histoire complète du Wildcat...
Lorsque les hommes du Groupement de Plongeurs Démineurs de la Marine Nationale identifient l’épave en 1965 celle-ci porte toujours les cocardes de la Royal Navy. Il s’agit donc sans aucun doute possible d’un appareil britannique.
Le fabricant américain Grumman Aircraft Engineering Corporation avait initialement prévu la livraison de 80 exemplaires à l’aéronavale française, l’armistice de juin 1940 entre la France et l’Allemagne va faire obstacle à cette livraison. Les premiers appareils produits seront finalement fournis à la Grande Bretagne, en juillet 1940. La Fleet Air Arm britannique baptisera et utilisera cet appareil sous le nom « Martlet ». L’appellation « Wildcat » a, elle, été utilisée pour désigner les appareils livrés à l’US Navy et qui seront engagés sur le théâtre d’opérations du pacifique. Pourtant, même s’il s’agit d’une grossière erreur historique, les plongeurs continuent, aujourd’hui encore, à utiliser l’appellation « Wildcat » pour désigner cette épave d’avion. Le « Chat sauvage » est probablement plus porteur que le « Martinet »…
L’appareil gisant au beau milieu de la rade de Bormes les mimosas, à proximité du petit îlot de la Fourmigue est certainement d’une version plus récente que celle utilisée au début de la deuxième guerre mondiale. Une observation attentive de l’épave permet, en effet, de noter que l’avion qui nous intéresse, possède des ailes repliables et qu’il est armé de trois mitrailleuses dans chaque aile alors que la première version n’en possédait que deux. Un support de réservoir additionnel est également visible sur une des ailes.

Les circonstances du naufrage totalement inconnues et la position de l’épave, pour le moins surprenante, ont fait couler beaucoup d’encre, d’imprimerie comme virtuelle. De nombreuses hypothèses ont été émises, certaines rocambolesques, d’autres plus plausibles en apparence mais tout aussi improbables. L’une d’entre elles, par exemple, prétend qu’ à la suite d’une avarie irréparable, l’appareil aurait été jeté par dessus bord depuis un porte-avion. Cette théorie est réfutée par la position du train d’atterrissage, bien visible sur l’épave. On imagine mal, en effet, les marins d’un porte avion rentrer le train d’atterrissage avant de jeter l’appareil par dessus bord, ceci d’autant que le F4F était équipé d’un train manuel nécessitant une manœuvre depuis le poste de pilotage. C’est d’ailleurs pour cette raison que le train en question se rétractait dans le fuselage et non dans les ailes.
La véritable cause du naufrage est probablement moins extraordinaire. Une banale avarie qui oblige le pilote à amerrir, ouvrir la verrière et s’extraire de l’habitacle avant que son avion ne soit avalé par les flots. L’avion repose sur le fond, oublié pendant quelques décennies, jusqu’à ce qu’un pêcheur accroche son filet sur l’épave et la retourne en cherchant à remonter son précieux outil de travail. Les liaisons entre le moteur et le fuselage se brisent et l’appareil se couche à l’envers sur son propre moteur. L’aileron droit arraché et quelques fragments de filet gisent encore sur le sable à proximité de l’empennage.

En 2014, cette théorie sera confirmée et précisée grâce à Philippe Milioto, passionné d’histoire, ses recherches dans les archives américaines permettent d’établir la chronologie des faits :
Le 15 août 1944, le patrouilleur américain USS PC 557 est appelé par le croiseur léger britannique HMS AURORA, pour se rendre sur le lieu d’un crash d’avion, dans la rade de Bormes. Arrivé sur zone, le patrouilleur est bombardé par les batteries côtières du cap Bénat, et subit quelques dégâts. Resté sur le secteur jusqu’à 14h30, L’USS PC 557 ne trouve aucunes traces de crash.

  • A 15h10, le HMS AURORA, signale avoir aperçu un homme dans un radeau de survie, dans une ligne comprise entre sa proue et le cap Bénat, et ordonne à l’USS PC 557, de retourner dans la zone en question. Des avions alliés, de type Spitfire, vont indiquer la route à suivre en plongeant en direction du radeau de survie. L’USS PC 557, manœuvre et se tient entre le radeau de survie et la côte, camouflant la scène, derrière un rideau de fumée.
  • A 16h, ils recueillent à bord, le sous-lieutenant Ronald Brierley du squadron 882 de la Royal Naval Air.
  • A 16h27, le sous lieutenant BRIERLEY est remis à bord du HMS AURORA.

 

Après 70 années de suppositions diverses, toute la lumière est faite sur ce naufrage, le squadron 882 en service sur le HMS SEARCHER était bien présent dans cette zone du 15 au 18 août 1944 et était équipé d’avions Grumman Martlet V. Toute la lumière ? Pas tout à fait, un brin de mystère subsiste… Le matin même du naufrage, le lieutenant Brierley avait du annuler une première mission après 12 minutes de vol. Alors, l’appareil a-t-il été abattu ou a-t-il du amerrir suite à une banale panne moteur ? Il va falloir observer attentivement les trous sur la carlingue pour essayer de déterminer leur origine…