Le Togo, ex Ville de Valence,

A son époque, le Togo est un navire moderne avec sa coque en acier équipée de cinq cloisons étanches. Au moment du naufrage, il transportait du charbon en vrac et sa conception ne l’empêchera pas de couler en heurtant une mine à l’abri de la baie de Cavalaire. Contrairement à la plupart des navires ayant subi ce genre de fâcheux désagrément, la proue du Togo est intacte. L’épave est posée bien droit sur sa quille, l’absence de gîte rend son étrave très photogénique. En s’écartant dans le bleu pour l’observer avec quelque recul, ses deux ancres à jas dépassant de chaque bord, tout plongeur aura l’impression de la voir naviguer… mais peut-être la profondeur favorise-t’elle largement cette sensation.

Conditions de plongée

Profondeur

59 mètres

Fond

Sable coquillier

Visibilité

Bonne à excellente

Courant

Souvent inexistant,
exceptionnellement léger

Distance du Port de Bormes

10,5 milles nautiques (19,5 km)

Temps de trajet

45 à 50 minutes

Longueur

78,5 mètres

Largeur

10,5 mètres

Caractéristiques de l'épave

Cargo mixte, trois mâts, à vapeur

  • JAUGE BRUTE : 1484 tonneaux
  • PUISSANCE MACHINE : 208 cv
  • LONGUEUR : 78,5 m
  • LARGEUR : 10,5 m
  • ANNEE DE CONSTRUCTION : 1882
  • DATE DU NAUFRAGE : 12 mai 1918
  • CAUSE DU NAUFRAGE : Mine

le togo

Intérêt faune et flore

L’épave du Togo repose dans une zone calme où le courant est généralement inexistant. De nombreux bancs de poissons viennent se protéger entre ses bossoirs. Dentis et pageots ne sont pas rares et croisent nonchalamment sur les ponts. Les coursives et les flancs de l’épave sont couverts par de magnifiques gorgones que la pénombre liée à la profondeur rend d’un bleu profond presque noir mais il suffit de les éclairer pour faire apparaître leur véritable couleur rouge violet. Des bancs d’anthias et autre menu fretin s’abritent dans les superstructures et il est parfois possible de trouver quelques barracudas en maraude, ce qui est plutôt rare à une telle profondeur.

Les détails du naufrage

Découvrez l'historique du Togo
Lancé le 30 août 1882, par les chantiers Robert Thompson and sons de Newcastle pour le compte de la Compagnie Havraise Péninsulaire, le navire est baptisé Ville de Valence. De construction résolument moderne pour l’époque, sa coque en acier est équipée de double-fonds et de cloisons étanches. Armé en trois mâts goélette, le navire marche aussi bien à la voile qu’au moteur puisqu’il est propulsé par une machine à vapeur bicylindres développant 208 chevaux. Le navire est exploité jusqu’en 1905-1907, période où il est revendu à une compagnie italienne de Savone qui va le revendre en 1911 ou 1912 à une autre compagnie basée à Gênes. Le navire est alors rebaptisé Togo.

Lors de son dernier voyage, le Togo était chargé de charbon en vrac. Le 12 mai 1918, le Togo entre dans la baie de Cavalaire. Probablement alors qu’il change de route, il va heurter une mine sur son arrière. L’explosion coupe l’arrière du navire qui va couler très rapidement. Nous ne savons rien de ce qu’il est advenu de la vingtaine de membres de l’équipage et l’épave va tomber dans l’oubli jusqu’en 1977. La curiosité d’un plongeur local qui va trouver que l’écho de son sondeur est bien étrange pour une simple roche pourtant bien connue des pécheurs du coin, va l’amener à découvrir et inventer l’épave. Couverte de filets, elle sera identifiée plus tard comme celle du Togo.

L’étrave, préservée de l’explosion est magnifique. Colonisée par une quantité impressionnante de gorgones, elle a marqué un nombre conséquent de plongeurs et de pellicules argentiques. Les cartes mémoires continuent à enregistrer de superbes images de la proue du Togo. Sur le gaillard d’avant, un treuil monstrueux servait à remonter les deux énormes ancres à jas, visibles sur le bastingage. Un mât de charge, toujours présent, devait grandement faciliter leur mise à poste. La cale avant, remplie de charbon est facile d’accès puisque le bois des ponts a disparu et que les barreaux et la tape se sont écroulés et gisent à même la cargaison. Gardez-vous de prélever un petit morceau de charbon en guise de souvenir, dès sa mise à l’air libre, il tombera en poussière et la couleur de vos mains ne vous permettra pas de nier…
Deux des mâts brisés sont couchés en travers des ponts, le troisième est posé sur le sable à côté de l’épave. Avant la cale arrière, la cambuse et son fourneau à charbon offrent un spectacle anachronique. La cale arrière est éventrée. La torsion des tôles ou la position de l’un des taquets arrière permet de se faire une idée de la violence de la déflagration. Une partie du charbon que contenait cette cale s’est répandue en éventail sur le sable à l’arrière de l’épave.

Dans un environnement aussi calme et feutré, où même les poissons ont l’air détendus, une vigilance extrême est nécessaire. Cette quiétude est trompeuse, la plongée semble facile mais la profondeur est importante et la prudence est de mise pour profiter de cette merveille de méditerranée.