Le Rubis, un bijou rare et précieux…

Le Rubis est une des rares épaves de sous-marins accessible aux plongeurs en méditerranée. L’Ariane, à proximité de la presqu’île de Saint Mandrier, à l’entrée de la rade de Toulon est interdite à la plongée depuis juillet 1997 en raison de son caractère dangereux. Plusieurs U-Boot allemands datant de la seconde guerre mondiale gisent sur les côtes atlantiques ou en manche mais seul le Rubis peut être observé pratiquement en totalité grâce aux eaux limpides qui l’entourent. La profondeur relativement faible et la clarté du sable environnant garantissent une luminosité exceptionnelle.

Conditions de plongée

Profondeur

42 mètres

Fond

Sable coquillier

Visibilité

Bonne à excellente

Courant

Rarement faible, parfois très fort

Distance du Port de Bormes

15,5 milles nautiques (28,7 km)

Temps de trajet

1 heure 15 à 1 heure 30

Longueur

66 mètres

Largeur

7,12 mètres


Caractéristiques de l'épave

Sous-marin français, mouilleur de mines

  • DEPLACEMENT : 762 tonnes en surface (923 en plongée)
  • PUISSANCE MACHINES : 2 x 650cv à 360 tr/min, diesels
    (2 x 500cv, électriques, en plongée)
  • LONGUEUR : 66 m
  • LARGEUR : 7,12 m
  • HAUTEUR : 9 m
  • TIRANT D’EAU : 4,13m
  • VITESSE CROISIERE : 12 nœuds (9 nœuds en plongée)
  • ANNEE DE CONSTRUCTION : 1931
  • NATIONALITE : Française
  • DATE DU NAUFRAGE : 31 janvier 1958
  • CAUSE DU NAUFRAGE : Immersion volontaire

le rubis

Intérêt faune et flore

Comme le Grec ou le Donator, l’épave du Rubis est posée au milieu de nulle part, entourée d’un véritable désert de sable. De nombreuses espèces trouvent refuge dans ses superstructures ou dans les innombrables tubes et autres cavités que présente la coque d’un sous-marin.

Chaque tuyau de taille suffisante abrite une murène. De gros chapons se posent souvent sur le sable ou même sur l’épave elle-même, pour peu qu’ils trouvent un coin abrité du courant parfois fort. Les mérous se prélassent sur le pont, remontent le courant le long de l’épave jusqu’à la proue ou se laissent nonchalamment dériver dans l’autre sens. Les bancs de castagnoles, d’anthias ou de sars attirent fréquemment les gros prédateurs, comme les dentis ou les grandes sérioles.

Les détails du naufrage

Découvrez la glorieuse histoire du Rubis...
Lancé le 30 septembre 1931, le Rubis était un sous-marin mouilleur de mines, de la série ou plutôt de la classe, terme communément employé dans la marine pour désigner des bâtiments aux caractéristiques identiques, Saphir. Capable d’emporter 32 mines d’une tonne, le Rubis est affecté au service actif en 1933. Initialement basé à Toulon, il est successivement affecté à Cherbourg en 1936, à Bizerte en 1939 puis à Brest en 1940 avant de rejoindre, la même année, l’Angleterre où il est basé à Dundee, au nord est de l’Ecosse.

Lorsque la France signe l’armistice du 22 juin 1940 avec l’Allemagne, le Rubis est en opérations. L’équipage, comme le commandement du sous-marin ignore cet événement et la mission est menée à terme. De retour à Dundee, comme les autres navires français présents dans les ports de Grande Bretagne, le Rubis est saisi sur ordre du premier ministre Winston Churchill. Les marins ont le choix entre rejoindre les Forces Navales Françaises Libres ou être rapatriés. Seulement un officier, un sous-officier et trois sous-mariniers regagnent la France. Le Rubis est modifié pour pouvoir utiliser des mines de fabrication anglaise. Entre 1941 et 1944, le Rubis va poser 683 mines.

Après la capitulation allemande, le Rubis rejoint Oran, en Algérie où il est désarmé. Après refonte, le sous-marin est utilisé pour la formation des futurs équipages des nouveaux sous-marins mis en construction. Retiré du service actif en 1949, le Rubis continue à couvrir les besoins de formation des jeunes recrues jusqu’en 1957, date à laquelle la marine décide de l’immerger pour servir de cible sonar. Le 31 janvier 1958, le Rubis est coulé volontairement au large du cap Camarat.

L’épave repose sur sa quille avec un léger gite sur tribord. L’avant, effilé, surplombe le fond, accentuant l’impression que le sous-marin fonce dans le bleu lorsque l’on prend un peu de recul. Le pont plat recèle plusieurs écoutilles, étroites, elles pourraient permettre, quoique difficilement, le passage d’un plongeur. Mais pénétrer à l’intérieur d’une épave, a fortiori d’un sous-marin sans maîtriser les techniques de plongée en surface non libre revient à jouer à la roulette russe. Même si toutes les précautions sont prises pour ne pas soulever les sédiments à l’intérieur, ce qui n’est pas chose facile dans un espace aussi exigu, les bulles vont immanquablement provoquer la chute des particules fines collées aux plafonds et réduire la visibilité à quelques centimètres, tout en rendant totalement inefficace un quelconque éclairage.

L’extérieur est bien plus intéressant, le kiosque se dresse fièrement vers la surface, même si ses flancs sont éventrés et que périscopes et antennes sont sectionnés. L’espace protégé situé au-dessus de l’écoutille juste à l’avant du kiosque que l’on appelle la baignoire, a perdu les tôles de ses parois laissant apparaître leur armature semblable à une balustrade de balcon. Les flancs ventrus sont troués par les puits de mines, vides bien sûr, les rails supports qui servaient au largage des mines sont bien visibles. Le pont arrière est encombré de ballasts d’air comprimé, de vannes, de tubes, conduites et flexibles divers. A certains endroits, la coque fine a disparu et laisse à l’eau libre la coque épaisse. La poupe s’est brisée lors du pétardage des hélices par les plongeurs de la Marine Nationale. Retirées, celles-ci sont exposées sur la base de Saint Mandrier.

Le courant est souvent soutenu, voire puissant sur l’épave. Dès la mise à l’eau, ne manquez pas le bout de descente et ne le lâchez pas avant d’avoir atteint le sous-marin sinon vous risquez de voir le Rubis s’éloigner majestueusement et disparaître dans le bleu…