Le naufrage du Hellcat, la version officielle…

Les archives de la marine nationale française relatent un naufrage accidentel consécutif à une panne moteur. L’amerrissage survient lors d’un vol d’entrainement à basse vitesse, au cours duquel le pilote affecté à la base aéronavale de Hyères doit s’exercer à voler dans les conditions de vol d’un appontage sur porte-avions. Le pilote est récupéré par un plaisancier mais l’avion est perdu en mer au large du cap Nègre dans la baie du Lavandou et va être oublié pendant quelques décennies. Lorsque l’épave est retrouvée, elle est rapidement identifiée et la véritable histoire du naufrage va refaire surface…

Conditions de plongée

Profondeur

57 mètres

Fond

Sable coquillier

Visibilité

Bonne à excellente

Courant

Inexistant à faible

Distance du Port de Bormes

4,3 milles nautiques (8 km)

Temps de trajet

15 à 20 minutes

Longueur

10,24 mètres

Envergure

13,08 mètres

Caractéristiques de l'épave

Avion de chasse monoplace monomoteur type Grumman F6F

  • MOTEUR : Pratt & Whitney de 2000 cv
  • ENVERGURE : 13,08 m
  • LONGUEUR : 10,24 m
  • VITESSE MAX : 610 km/h
  • PLAFOND : 11 370 m
  • AUTONOMIE : 1 520 km
  • 1er VOL : 26 juin 1942
  • NATIONALITE : Française
  • DATE DU NAUFRAGE : 14 mai 1956
  • CAUSE DU NAUFRAGE : Erreur de pilotage


Insolite

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le hellcat

Intérêt faune et flore

La visibilité est généralement excellente et l’épave est visible très tôt lors de la descente. L’appareil est incliné sur l’aile gauche et un homard d’un âge respectable a creusé son abri dessous. Plusieurs galeries lui permettent de se cacher, mais il reste généralement assez facile à observer depuis les bords de l’aile et parfois même sous le fuselage depuis le coté opposé.

De gros chapons se prélassent toujours sur le sable environnant. Quelques congres et une ou deux murènes sont souvent présents dans le moteur ou dans la coque. Ils peuvent être observés par les trous ou les trappes de visite. Il n’est pas rare de trouver une langouste cachée entre les cylindres ou quelques oursins melons agrippés à l’épave.

Les détails du naufrage

Découvrez la véritable histoire du Hellcat...
Cet avion appartenait à l’aéronavale française, 124 de ces appareils avaient été commandés par la France entre 1950 et 1953. Le Hellcat retrouvé dans la baie du Lavandou faisait partie d’un lot livré en octobre 1950. De 1950 à 1953, l’avion est utilisé en Indochine avant d’être cédé à la marine en 1953. Il est alors rapatrié en France, sur le porte-avions Arromanche. L’avion sera affecté à la base aéronavale de Hyères le 5 août 1954.

Le rapport d’accident des archives de Rochefort stipule que le pilote a dû amerrir à la suite d’une panne moteur alors qu’il effectuait un exercice de vol à basse vitesse. Le pilote a pu être récupéré par un plaisancier.

La vérité diffère quelque peu de la version officielle, voici ce que déclarait le pilote en 1999 :

« Jeune pilote tout frais émoulu de l’école de pilotage américaine, j’avais été affecté à l’escadrille 54S, basée à Hyères, en vue de l’entraînement et de la qualification de l’appontage sur porte-avions. Nous disposions pour cela d’un avion américain, le Grumman Hellcat F6F, avion qui s’était rendu célèbre pendant la guerre du pacifique. Bien sûr ces avions qui avaient de nombreuses heures de fonctionnement étaient plus que vieillissants. Nos mécanos avaient bien du mérite pour tenir toute cette escadrille en état de vol.

Dans le cadre de cet entraînement, je décollais le 14 mai 1956 sur le F6F n°9, en vue d’un vol de préparation à l’appontage. Cet exercice consistait à voler en configuration d’appontage pour tester la maniabilité de l’avion à basse vitesse. L’ordre de vol nous indiquait une zone d’exercice dans laquelle nous devions nous maintenir puisque nous étions plusieurs en l’air, à cet instant. Rendu sur ma zone, j’effectuais l’exercice prévu. Très vite, je fus rejoint par un camarade d’une zone voisine et nous décidâmes de faire du rase-mottes au dessus de la mer. L’impétuosité des jeunes pilotes que nous étions nous amena donc à transgresser les consignes. Quelle joie de pouvoir raser les vagues ! J’imagine malgré l’éloignement de cet événement, que nous devions nous croire les rois des airs, mais je devrais probablement dire les rois des couillons…

Enfin, à 11H52, après quelques manœuvres audacieuses, une erreur d’appréciation me fit toucher la surface, calant immédiatement le moteur avec un nuage d’huile sur le pare-brise. Rien à faire que de tenter un amerrissage, ce que je fis, par automatisme probablement…

Vous imaginez les pensées qui m’envahissaient, car je voyais déjà ma carrière de pilote se terminer avant même d’avoir commencé. Je préparais donc immédiatement un système de défense pour répondre aux questions inquisitrices des enquêteurs de la marine. Bien sûr seule une panne moteur pouvait justifier cet amerrissage. Je m’accrochais donc fermement à cet argument, malgré plusieurs confrontations difficiles avec les membres de l’état-major. »

Si l’on fait exception de quelques éléments, l’hélice ou le tableau de bord et ses instruments, l’épave est intacte. Posée sur le ventre, sur un fond de sable clair, l’avion semble être encore en vol…

Pendant la descente, l’épave peut être distinguée dès 30 ou 40 mètres. La verrière ouverte laisse apparaître le siège du pilote et ses sangles, le manche et les pédales du palonnier. Un très beau homard a élu domicile sous l’aile gauche et les trappes de visite et autres ouvertures du fuselage et des ailes permettent d’observer quelques congres et murènes de belle taille. La visibilité, généralement exceptionnelle et l’absence de courant font de cette plongée un instant de rêve.