Le Prosper Schiaffino ou Donator…

Baptisé “Prosper Schiaffino” au moment du naufrage, ce cargo coula peu après la fin de la deuxième guerre mondiale en percutant une mine. Propriété d’une société maritime basée en Algérie, le Donator sera le seul rescapé de la flotte Schiaffino. Composée au début du conflit d’une vingtaine de navires, certains des bâtiments de la compagnie ont été réquisitionnés, d’autres sont coulés ou perdus en mer. Quelques-uns, pris par l’ennemi, seront retrouvés après la fin des hostilités, abandonnés et ne pourront pas être remis en service. Le Donator, armé en pinardier, continue à naviguer quelques mois jusqu’au naufrage tragique de novembre 1945…

Conditions de plongée

Profondeur

51 mètres

Fond

Sable coquillier

Visibilité

Bonne à excellente

Courant

Rarement faible, parfois fort

Distance du Port de Bormes

9,8 milles nautiques (18 km)

Temps de trajet

45 à 50 minutes

Longueur

78 mètres

Largeur

12 mètres

Caractéristiques de l'épave

Cargo vraquier ``pinardier``

  • JAUGE BRUTE : 1698 tonneaux
  • PUISSANCE MACHINES : 1800 cv
  • LONGUEUR : 78 m
  • LARGEUR : 12 m
  • VITESSE CROISIERE : 14 à 15 nœuds
  • ANNEE DE CONSTRUCTION : 1931
  • NATIONALITE : Française
  • DATE DU NAUFRAGE : 10 novembre 1945
  • CAUSE DU NAUFRAGE : Mine

le donator

Intérêt faune et flore

L’épave est posée sur un désert de sable, c’est un refuge pour de nombreuses espèces.  le pont est très poissonneux et les coursives sont littéralement envahies par les gorgones. D’innombrables anthias frétillent dans le courant et les bancs de sars y sont si denses que les dentis les utilisent pour se dissimuler du menu fretin qu’ils chassent. Toutes les parties de l’épave, battue par les courants, foisonnent de daurades royales, de dentis ou de mérous. Dans le courant, en amont, croisent sérioles, liches et barracudas. Sur le sable environnant bancs de pageots et pagres solitaires sont souvent en maraude. Les flancs de l’épave disparaissent sous d’immenses gorgones violettes d’un rouge lumineux lorsqu’elles sont éclairées… magique !

Les détails du naufrage

Découvrez l'histoire tragique du Prosper Schiaffino, dit le Donator...
Construit en 1931, en Suède, pour le compte d’un armateur italien, le Donator est racheté et francisé en 1933 par la Compagnie Générale d’Armement Maritime. Rebaptisé « Petite Terre », le navire est armé comme bananier et affecté à la liaison avec les Antilles françaises. Dès 1939, le bateau est revendu à la Compagnie Algérienne de Navigation pour l’Afrique du Nord. Son propriétaire a pour habitude de nommer ses navires avec le nom d’un membre de la famille, le Donator devient le « Prosper Schiaffino » et est armé à Sète. Il est utilisé comme pinardier et attaché à Alger. Le Prosper Schiaffino va traverser toute la seconde guerre mondiale sans encombre.

Le 7 novembre 1945, en début de soirée, le Prosper Schiaffino quitte le port de Mostaganem, à l’ouest d’Alger, où il vient de charger du vin en vrac dans ses cuves et en fûts dans ses cales et sur son pont arrière. Une forte houle de nord-est contraint le commandant de bord à longer les côtes espagnoles. A la hauteur de Barcelone, le navire subit une avarie mineure, le commandant réduit l’allure et croise le cap Bear, le 9 novembre vers 20 heures 30, le navire double Sète, puis Marseille. Le temps se dégrade, la mer devient très forte, la machine s’emballe et le commandant réduit encore l’allure et serre la côte jusqu’à croiser le cap d’armes au sud de l’île de Porquerolles à un mille nautique.

Le 10 novembre, à 13 heures 15, une violente explosion se produit à l’avant, le Prosper Schiaffino vient de heurter une mine dérivante. Le navire va sombrer en moins de cinq minutes, sans que le commandant ait pu envoyer le moindre message de détresse. Un avion a repéré le naufrage et va permettre aux secours de récupérer l’équipage aux environs de 17 heures.

L’épave du Donator est très certainement une des plus belles de méditerranée. Plusieurs décennies d’immersion ont transformé le bateau en un récif artificiel très fleuri, les flancs et les coursives du Donator sont aujourd’hui couverts de gorgones immenses. Le foisonnement de poissons de toutes espèces et de toutes tailles est exceptionnel. L’épave du Donator est un refuge pour de nombreux bancs de poissons. Mérous, daurades royales, dentis et autres carnassiers ne s’y trompent pas et vont chasser le menu fretin jusque dans les cales.

Le Donator est posé sur un fond de sable, bien droit sur sa quille. Si la proue a été fortement endommagée par l’explosion, la poupe est magnifique. Envahie par les gorgones, elle se dresse majestueusement dans le bleu, donnant l’illusion que le bateau vogue devant soi. En survolant, l’épave, il est facile d’observer le rustique appareil à gouverner sur le pont arrière. Sa barre à roue rendue célèbre par des centaines de photographes est bien visible juste avant la porte d’accès au château d’arrière. Les connaisseurs savent que le Donator embarquait une hélice de secours, à l’origine arrimée sur la muraille entre le pont arrière et la première cale, celle-ci a rompu ses attaches sous l’effet de son propre poids et de la corrosion. Aujourd’hui elle est couchée sur le pont, juste avant le mât également brisé par une tempête et posé, lui-aussi, en travers du pont. Au fil des ans, cette hélice inutile, s’est couverte d’éponges et de gorgones jaunes et pourpres. Parée de ces atours, elle est devenue pratiquement invisible sans une observation attentive et de nombreux plongeurs sont passés au-dessus sans remarquer sa présence.

Une plongée sur l’épave du Donator reste une expérience inoubliable dans une vie de plongeur.

Le 3 décembre 1945, soit moins d’un mois plus tard, le Sagona  surnommé le Grec, va couler dans des circonstances similaires à quelques encablures du Donator.